A vous toutes et tous,
Il y a 2 mois, une soirée a chamboulé ma vie. D’aucuns diront, « ce n’est pas juste », d’autres diront : « le pauvre, mais il a l’habitude, il va se relever de cette épreuve ». Vous avez tous raison et tous les autres avis ou pensées sont aussi valables. Mais c’est la vie !
Pour faire de l’humour, j’ai pris l’habitude de dire, que de me retrouver en tee-shirt, jogging et savates à 23 h dans la froide nuit hivernale, c’est se retrouver SDF, à 64 balais, une expérience que je n’avais jamais essayée. Ca surprend !
Les 72 premières heures étaient dans la surprise, l’étonnement ; le questionnement. L’aiguille de la boussole qui guide mon parcours tournait dans tous les sens. Il me fallait avancer, encore et toujours, mais dans quelle direction ? Je ne savais plus.
Et puis Jean Luc a émis une proposition, « on va faire une cagnotte !», j’ai validé sa proposition, sans comprendre, sans y croire, il aurait pu dire n’importe quoi d’autre, j’aurais suivi. Mon corps était là, mais mon esprit encore embrumé par les fumées inhalées, alors que j’essayais de sortir «L‘Adventure» du brasier, ne fonctionnait plus. Les kilomètres partagés étaient empreints de sensations, d’images, de sentiments, tout ça était parti en fumée.
Bien sûr ce n’est qu’une moto, un objet de métal de caoutchouc et de plastique, mais pas que ! C’est aussi, une partie de moi-même, un organe pas naturel, mais essentiel au bon fonctionnement de mon corps et mon esprit.
Vous l’avez compris et votre geste, motivé par diverses raisons, quelles qu’elles soient et aussi par l’amitié que vous me faites l’honneur de m’offrir ; ce geste ne sera jamais assez remercié à la hauteur du présent que vous m’avez offert.
Assez régulièrement informé des sommes qui arrivaient, j’ai eu un sentiment de mal être. Je suis d’une génération, où «les sous qu’on avait, fallait les gagner ! ». Dans ma tête, je ne méritais pas. Cette situation extrême ce n’était pas de ma faute et surtout pas de la vôtre ! Et pourtant…
Et puis cet élan de solidarité m’a ému, bien sûr la carapace du vieux motard «roule toujours» s’est fendillée, mais mon côté ibère ne voulait rien laisser paraître. Comme d’habitude, je m’en suis sorti par une pirouette, une facétie, une bonne blague devant vous. Sans doute de la pudeur ou une fierté mal placée. La faiblesse, que je n’ai jamais voulu laisser paraitre, s’étalait au grand jour à la face de tous. J’étais mal, je ne voulais laisser paraître cette image.
J’ai choisi de ne pas chercher à savoir ni qui, ni combien. L’amitié que vous m’avez prouvée n’a pas à être personnalisée ou quantifiée. Le geste est beau, il est grand, il est plus qu’honorable. Pour moi, vous êtes TOUTES ET TOUS un élément de ma reconstruction, et l’amitié et le respect que je vous porte s’en sont trouvés encore plus intenses. Je n’aurai jamais assez de temps, ni d’occasions pour vous exprimer ma gratitude, mais croyez bien qu’elle est sincère et profonde.
Si «Phénix» est arrivé dans ma vie pour ces fêtes de fin d’année, c’est le résultat de votre gentillesse. MERCI .

Phénix, ce surnom dont a été baptisé le nouveau 1200 GS, n’est pas anodin. D’un tas de cendres fumantes, est apparu un nouveau destrier. Comment peut-on réaliser à partir d’un tas de cendres cette belle machine ? Mystère… Mais j’ai enfin compris le secret de la transformation, point de magie ou d’intervention divine de qui que ce soit ; il suffit de mélanger deux éléments AMITIE et FIDELITE, et vous avez su apporter le dosage exact pour que la magie opère.
Quand on se recroisera, si cela doit être, ce ne sera pas le résultat de ma volonté, ou de la chance, mais c’est l’expression de votre amitié qui l’aura permis.
Donc : Merci, Gracias, Thank you, Grazie mille, Danke schön, Obrigado, Spassiba, Chouckran
P’ti Jean n° 1993

